Écrivain public un vieux métier d'avenir

Dernière mise à jour : 29 nov. 2020

L'écrivain public écrit pour et avec autrui tout type de texte à caractère privé, administratif ou professionnel.


Tour à tour scribe, druide, rédacteur, écrivain, plumitif, le personnage existait bel et bien avant même que l’appellation ne soit fixée. Les plus anciennes traces remontent à

- 3500 av. J.C., lors de l’apparition de l’écriture en Mésopotamie. Le scribe écrit pour le pharaon, répertorie, classe, recopie et travaille à l’administration des temples et des palais. Les scribes égyptiens dépliaient leur écritoire sur les places publiques et rédigeaient toutes sortes de documents.

Dans la gaule celtique, ce sont les druides ou bardes qui occupent ces fonctions.

Avec la christianisation de la Gaule au IIIe siècle, les moines sont ceux qui détiennent le savoir. Rédacteurs et savants, ils sont enseignants et se placent comme intermédiaires entre l’administration et le peuple. Avec la chute de l’empire romain, l’éducation tombe en déshérence.

Sous les mérovingiens, les lieux d’apprentissage de la lecture et de l’écriture, les élites religieuses et politiques sont la plupart du temps illettrées. Charlemagne lui-même analphabète, souhaite vivement que ses commensaux puissent bénéficier d’une éducation qui leur permette d’administrer le royaume.


Aux XIIe et XIIIe siècles, avec le développement des échanges commerciaux, les besoins en écriture augmentent. La bourgeoisie ne sait ni lire ni écrire mais sait qu’elle a besoin de certifier ses écrits.

Des actes notariés commencent à être rédigés en français et le papier, découvert lors des croisades, offre un support peu coûteux. « L’écrivain pour le public » prend alors de l’essor.


En 1280, Paris compte plus de 60 « Écrivains pour le public », qui se tiennent aux abords du Palais, près du Pont Neuf et qui servent aussi bien de rédacteurs, d'interprètes, de conciliateurs, de confesseurs, que de psychologues. Ce sont des travailleurs de la rue, sans statut, libres de tout contrôle.


Au XIVe siècle, le métier se développe, des échoppes s’ouvrent.


Au XVe siècle et à la Renaissance, la profession perdure et apparaissent certaines spécialisations (juridiques).


Au XVIIe siècle, la société a évolué, la bourgeoisie commerçante s’est enrichie. Diverses classes sociales ont recours à l’écrivain public pour progresser. Les étudiants sont soucieux de la présentation de leurs textes, les officiers sont préoccupés par la rédaction de leurs rapports et les seigneurs veulent écrire leurs biographies familiales.La clientèle est variée et assez cultivée.


Le XVIIe siècle est une période prospère pendant laquelle l’écrivain public rencontre une clientèle souvent aisée qui lui demande la rédaction de biographies familiales.


Mais au XVIIIe siècle, la vie devient chère, la clientèle se raréfie ou se tourne vers les avocats ou juristes. La Révolution et la période de trouble social qui l’accompagne vont marquer un coup d’arrêt presque fatal à la profession.


Au XIXe siècle, l’organisation de l’administration napoléonienne redonne à la profession un coup de fouet salutaire en provoquant à nouveau une demande de la part des citoyens de toutes les classes sociales, de l’artisan au militaire. En 1882, l’école devient obligatoire, et malgré la disparition de l’illettrisme, la profession subsiste mais s’oriente davantage vers la rédaction des courriers officiels.


Les écrivains publics ont donc connu des périodes fastes et des périodes creuses tout au long des siècles, pour renaître dans les années 1980.


L’année 1980 voit la naissance de l’association Académie des écrivains publics de France (AEPF), et c’est au début du XXIè siècle que la Licence professionnelle d’écrivain public est créée à l’université de la Sorbonne Nouvelle – Paris III. La création de ce diplôme national donne une légitime reconnaissance à une profession qui n’a pas de statut précis dans la nomenclature des métiers de l’ANPE, et qui pourtant répond à une nécessité sociale.

En février 2002, est créé le GRoupement des Écrivains Conseils® (GREC) qui regroupe aujourd'hui le plus grands nombre de professionnels avec 130 membres (juin 2012).

L'AEPF et le GREC contribuent, comme d'autres organismes, à la mise à jour régulière de la fiche APCE de cette profession d'« écrivain public — conseil en écriture. »


Depuis novembre 2009, la FNEP - Fédération nationale des Écrivains publics, assure la promotion du caractère social de la fonction. La Fnep assure la promotion de l'écriture « sociale », et rejoint la réflexion entamée depuis de nombreuses années par les pouvoirs publics en faveur de la simplification administrative.

Elle œuvre aussi en faveur de la médiation par l'écrit dans le cadre de la résolution des litiges, fait la promotion de la francophonie et de la langue française, intervient comme syndicat pour les écrivains publics travaillant en lien avec les institutions, organismes et collectivités, contribue à la diffusion des ressources autour de l'écriture publique et de l'écriture sociale, mène une réflexion visant à permettre un accès gratuit à certaines prestations proposées par les écrivains publics indépendants (en l'occurrence les prestations sociales à destination des usagers tributaires des minimas sociaux).


La FNEP distingue notamment la fonction d'écriture sociale (accompagnement aux démarches), ou de médiation par l'écrit (résolution des litiges), de la fonction d'écriture publique (animation d'ateliers d'écriture à caractère littéraire et poétique, biographies et récits de vie, etc.)



Sources :

• « Les écrivains publics » de Catherine Bastien – Bonneton 2000.

• Wikipédia

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